Les Family office, structures discrètes au cœur de la gestion des grosses fortunes, sont aux premières loges pour jauger la réaction des résidents de la Principauté à l’inscription sur la liste grise du Gafi et des pays à haut risque de l’UE. Selon Philipe Feller, fondateur et administrateur de PF MFO, « les investissements continuent même si « certains délais pour les ouvertures de comptes ou transferts transfrontaliers ont pu s’allonger ».

Comment percevez-vous l’inscription de Monaco sur la liste grise du GAFI et sur la liste européenne des pays à haut risque ? Quelle a été la réaction initiale des clients et partenaires internationaux face à cette nouvelle ?

L’inscription de Monaco sur la liste grise a naturellement suscité des questions, mais nous la voyons comme une étape dans un processus d’amélioration continue de la place. Nos clients et partenaires ont été prudents au départ, ce qui est normal, mais la majorité a rapidement engagé un dialogue constructif. La transparence de nos process internes a permis de maintenir leur confiance.

Avez-vous observé une évolution du discours des banques dépositaires, avocats ou gestionnaires étrangers vis-à-vis de Monaco depuis cette inscription ?

Depuis cette inscription, les banques, avocats et gestionnaires étrangers sont plus attentifs et demandent plus de précision ou des documents supplémentaires. C’est surtout une vigilance liée à leurs obligations réglementaires. Le dialogue reste constructif et la confiance est intacte.

Avez-vous constaté un ralentissement, une fuite ou au contraire une adaptation du secteur des family offices depuis cette décision ? On parle d’un départ de plusieurs FO et MFO.

Dans le secteur des family offices, nous n’avons pas observé de départ massif. Au contraire, les acteurs s’adaptent : ils renforcent leurs procédures de conformité et communiquent davantage avec leurs partenaires.

Y a-t-il eu un impact concret sur les ouvertures de comptes, les transferts de fonds ou les investissements transfrontaliers ?

Sur le plan opérationnel, certains délais pour les ouvertures de comptes ou transferts transfrontaliers ont pu s’allonger, mais les opérations et investissements continuent. En restant proactifs et transparents, nous maintenons l’efficacité et la confiance de nos partenaires.

Comment votre family office s’adapte-t-il à ce nouveau contexte réglementaire et réputationnel ? Malgré ces difficultés, quels atouts conservez-vous à Monaco pour fidéliser vos clients ?

Notre multi-family office s’adapte en renforçant nos standards internes et en améliorant nos procédures de conformité, tout en continuant d’accompagner nos clients de manière personnalisée. Monaco conserve ses atouts : stabilité politique, régulation solide, environnement professionnel et cadre de vie attractif, qui rassurent et fidélisent nos clients.

Certains de vos clients ont-ils envisagé ou déjà déplacé leur structure vers une autre juridiction (Suisse, Luxembourg, Dubaï, etc.) ? Comment cette situation influence-t-elle vos relations avec les banques correspondantes ou partenaires étrangers ? Quelles mesures ont été prises en interne pour rassurer les clients et partenaires ?

Aucun de nos clients n’a envisagé de déplacer ses structures. Les banques et partenaires sont plus attentifs sur la conformité, mais le dialogue reste fluide. En interne, nous avons renforcé nos process et communiqué de manière transparente et régulière pour maintenir la confiance et sécuriser nos relations.

Pensez-vous que le gouvernement monégasque a bien communiqué auprès des acteurs économiques et financiers ?

Le gouvernement monégasque a communiqué clairement sur les réformes et mesures en cours, notamment via des webinaires réguliers organisés par l’AMSF. Cela a permis de clarifier les enjeux et de maintenir un climat de confiance avec les acteurs de la place.

Craignez-vous un effet domino sur d’autres secteurs financiers ou économiques (immobilier, banque privée, fonds d’investissement) ?

Nous ne voyons pas de risque d’effet domino sur d’autres secteurs comme l’immobilier, la banque privée ou les fonds d’investissement. Monaco conserve ses fondamentaux : stabilité, régulation solide et attractivité, ce qui rassure les acteurs économiques et financiers.